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Il y avait pourtant une fin à tout cela.


Comme je le disais précédemment l'aide de mon ami et de ma famille, leur présence psychologique et physique, m'a beaucoup aidé ; les sorties que je me suis autorisées pour m'occuper de moi aussi ; et l'étape suivante a été de trouver une nounou pour quelques heures par semaine : un couple d'assistants maternels ont pris mon bébé trois heures deux fois par semaine, me laissant une liberté que j'avais peu à peu oubliée et qu'il m'a été difficile d'accepter au départ car je ne travaillais pas et culpabilisait de laisser mon enfant alors que j'étais à la maison. Mais cet espace de liberté s'est si vite révélé vital que j'ai oublié mes doutes. J'avais du mal au début à occuper ces quelques heures, ayant oublié que j'existait en dehors de mon enfant, et en profitais tout simplement pour me reposer, puis petit à petit j'ai recommencé à sortir, aller à la plage, lire, nager ... et cette liberté partiellement retrouvée m'a permis de prendre un peu plus de recul, et de retrouver quelques ressources pour affronter mon bébé quand je le retrouvais. Les nounous, eux, étaient un peu déroutés par ce petit garçon si agité et difficile à calmer, ils furent à leur tour impressionnés par les spasmes du sanglot d'un si petit homme, mais me soulagèrent pendant trois mois et me permirent de me retrouver.


La dernière étape pour retrouver un état de vie plutôt que de survie fut de reprendre le travail. Je m'y remis alors qu'il avait 5 mois. Mon ami s'arrêta de travailler et me relaya un mois plus tard. Je quittais alors mon petit bonhomme quatre demi-journée par semaine, et je respirais enfin, mon moral revenais, et l'amour florissait car en dehors des accès de pleurs tu étais si mignon, si éveillé.


J'avais retrouvé mon équilibre, et pourtant le bébé allait à peine mieux : les cris et les pleurs devenaient un peu moins fréquent mais occupaient tout de même la majeure partie de la journée encore ; et les nuits, après un mois de calme étaient de nouveau anarchiques et perturbées par de multiples éveils que nous avions du mal à juguler et gérer. Le laisser pleurer n'amenait à rien, le prendre non plus, les médicaments antidouleur que nous avions essayé au cas où ne donnaient rien non plus, ni les tisanes de fleur d'oranger ; quant aux massages dont on nous avait vanté les bienfaits, il les refusait comme tout autre contact, bougeait et hurlait pendant que nous essayions vainement de le détendre ... Il y avait bien une fin à la douleur morale que j'avais pu ressentir auparavant mais nous étions encore loin d'avoir tout compris, et si nous avions appris à gérer nos angoisses nous étions bien loin encore de maitriser les siennes.

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