Il avait trois semaines. Je n'avais plus de lait, et toujours pas d'amour. Je posais pour les photos, et me sentais vide à l'intérieur. Ma maman avait bien senti ma détresse derrière les sourires des images, et à elle je ne cachais rien de ma détresse par téléphone. Elle était si loin, tout le monde était si loin.
J'ai vécu ces trois semaines comme une seule nuit de cauchemar. Le temps était suspendu, arrêté comme dans un rêve dont on n'arriverait pas à sortir, dont on ne se réveillerait pas. Le temps était à la fois long, très long, et immuable. J'en avais perdu toute notion.
Je n'étais pas une bonne mère. Je n'étais plus rien.