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pleurs et terreurs

Il avait à peine un mois quand sa grand-mère, ma mère, est finalement venue à mon secours, à notre secours. Elle avait depuis longtemps perçu ma détresse et après maintes hésitations, car elle ne voulait pas non plus s'immiscer dans notre vie, elle nous avait proposé son aide .... J'ai saisi la bouée de sauvetage qu'elle me tendait car je savais que j'étais à bout, que notre équilibre était rompu, et qu'il aurait fallu peu de chose pour que je bascule dans le vide.


Sans lait ou presque malgré mes tentatives douloureuses de le tirer au tire-lait électrique j'avais décidé contre l'avis du pédiatre de tenter le lait maternisé en poudre ... Au premier biberon le bébé se jeta avec une telle voracité sur cette nouvelle tétine que tous mes doutes s'envolèrent : cette fois ci en tout cas j'avais pris la bonne décision .... Alors avec espoir je me pris à croire que c'est de faim qu'il criait auparavant toute la journée ... Il se calma effectivement un tout petit peu, mangea de plus en plus, dormit toujours aussi peu et pleura encore beaucoup beaucoup ... Mais je n'étais plus seule ! Je pus grâce à la présence de ma maman m'éclipser quelques heures dans la journée pour faire quelque chose pour moi : je pris rendez vous chez un acupuncture, chez une kiné également qui me massait pour m'aider à dénouer tous les nœuds et conflits qui s'étaient inscrits dans mon dos, parfois j'allais seulement me reposer sur la plage. Elle me relaya la nuit pour donner le biberon au bébé, ce qui me permit de dormir un peu plus. Je me couchais à 20 heures, tout de suite après lui, elle lui donnait le biberon de 23 heures, et je ne m'en occupais plus qu'à partir de deux heures du matin ... Partie certes la plus difficile, mais j'étais maintenant un peu plus reposée et donc un peu plus patiente ... Mais toujours aussi terrorisée par ces pleurs inconsolables qui le secouaient tout au long de cette fin de nuit et ensuite une grande partie de la journée. J'avais lu que certains bébés sont dans cet état de pleurs incontrôlés et inconsolables en fin de journée surtout, le baby-blues disaient ils ... c'était exactement ça ! Mon bébé avait le baby-blues mais il l'avait toute la journée ... J'étais incapable de le consoler mais m'aperçu que ma mère l'était tout autant. Il se réveillait la nuit en hurlant et quand nous voulions le prendre dans nos bras il se débattait, nous repoussait ; il refusait notre présence, il a toujours refusé notre lit car nous avons aussi essayé de le prendre avec nous quand nous n'arrivions à rien. Il pleurait, hurlait, n'était mieux ni dans le noir, ni à la lumière, se débattait dans nos bras, refusait les câlins et baisers, rien n'y faisait ... que ce soit moi, mon ami, ou ma maman, voir une amie de passage, aucun bras ne parvenait à le détendre.


Malgré tout plus reposée, un peu plus à l'écoute de mon corps et de mon cœur, et devant les premiers sourires-réponses de mon bébé qui n'avait qu'un mois et était un bébé mignon et très attachant apparemment pour ceux qui le rencontraient, je commençais à sentir une petite pointe d'un petit quelque chose au fond de moi qui aurait pu ressembler à un commencement d'amour. Ce n'était encore qu'un attendrissement devant ses sourires, mais c'était mieux que le néant précédent.


J'étais un peu moins fatiguée, et un peu plus cohérente qu'avant (car la fatigue m'a amené à penser beaucoup de choses qui n'étaient pas réelles : mon incompétence maternelle, ma culpabilité, mes envies de morts ... étaient liées à la fatigue autant qu'à la dépression) ; je me rendais compte que je n'étais pas seule en difficulté face à ce petit bout d'homme, et que donc ma compétence n'était pas engagée ; J'allais mieux, j'étais beaucoup moins stressée et pourtant mon bébé dormait toujours aussi mal, aussi peu, et pleurait toujours autant ou presque mais seul l'âge avançant était responsable de cette très légère amélioration.


Mon dernier espoir était l'ostéopathe. On m'avait dit que les ostéopathes pouvaient beaucoup pour les bébés ... J'en ai vu un et le résultat fut probant : mon enfant a hurlé pendant la consultation et après, il a continué d'être aussi stressé par la suite. Même résultat avec l'homéopathie. J'ai essayé tout ce que j'ai pu. Même l'acupuncture car mon acupuncteur me l'avait proposé. Rien, aucun résultat, aucun changement. Mais moi je remontais doucement la pente grâce à la présence de ma maman et de mon amie, grâce aussi aux rencontres que j'ai faites à cette période là en promenant mon bébé tous les jours dans les mêmes coins ; je rencontrais d'autres maman en promenade et me fis quelques amies, et confidentes dont la présence et le soutien fut également un énorme soulagement. J'allais moralement et physiquement de mieux en mieux, le bébé lui stagnait dans ses comportements incompréhensibles.

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